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Trois-Rivières, capitale de la poésie

12 septembre 2018 | par Emilie Bolduc

34e édition 28 septembre au 7 octobre 

En 1962, Gaston Bellemare était loin de se douter, en achetant l’Ode au Saint-Laurent du poète trifluvien Gatien Lapointe, que non seulement il tomberait amoureux de la poésie, mais qu’il deviendrait le fondateur d’un des plus importants festivals de poésie du monde.

Trois-Rivières, capitale de la poésie
Rassembleur et leader, Gaston Bellemare fonde donc le Festival International de la Poésie en 1985. Cette même année, Trois-Rivières est déclarée ‘’Capitale de la poésie’’ par nul autre que Félix Leclerc, alors invité d’honneur de cette première édition. Cinq-mille amateurs de proses participent alors à l’événement. Trente-quatre ans plus tard, le festival regroupe 80 poètes d’envergure issus de nombreux pays, attirant bon an mal an, une foule de plus de plus de 40 000 personnes!

C’est à l’UQTR que Gaston Bellemare fait la rencontre de Maryse Baribeau. Elle devient sa complice et son alliée dès les premières heures du festival. Elle agit depuis 1993, à titre de directrice générale du festival. Au fil des éditions, le duo qui se complète parfaitement, a imaginé et ajouté des composantes originales et inédites au festival. L’un de ces ajouts fut bien sûr la fameuse Promenade Internationale de Poésie. Véritable joyau de Trois-Rivières, la promenade s’est enrichie de plus de 300 extraits de poèmes d’amour d’auteurs québécois, dispersés un peu partout au centre-ville. Au Parc portuaire, c’est plus de 100 poèmes en 21 langues qui sont ainsi regroupés.

promenade de la poesie

Poètes amateurs ou professionnels? Une boîte aux lettres recyclée en boîte à poèmes attend vos écrits, à la place de l’Hôtel de ville. Les œuvres recueillies se retrouveront par la suite sur la corde à poèmes, au parc Champlain. Des mots d’enfants, mais aussi des confidences du cœurs des plus grands, livrés pour vous en toute simplicité et qui vous feront passer par une gamme infinie d’émotions…intime et touchant! 

Par un après-midi pluvieux, alors qu’il descendait à peine d’un avion en provenance de Colombie, où il était allé entendre des poètes, j’ai parlé avec M. Bellemare. Il m’a confié que d’assister à plusieurs festivals à travers le monde, est certes la meilleure façon pour découvrir de nouveaux poètes et acquérir leurs œuvres. Cet homme fier et toujours aussi passionné, m’a confié la formule toute simple de la réussite du festival : de petits endroits chaleureux presque secrets, à mille lieux des tonitruants festivals qui sont devenus légions. Des restaurants ou des cafés avec quelques tables, invitant les gens à vivre viscéralement l’émotion des poètes. Parce que c’est dans le silence que la poésie fait son terreau.

Les poèmes viennent de l’intérieur des poètes, et vont vers l’intérieur des gens qui les écoutent. Un poème, c’est un acte d’amour!’’



Cette année, le Festival International de la Poésie remettra un nouveau prix, le prix Fernando d’Almeida. Poète camerounais, invité au festival à trois reprises, il est considéré comme l’une des voix majeures de la nouvelle poésie africaine. Comme plusieurs poètes africains, il a fait ses études en France, mais il s’est démarqué de la majorité de ses pairs en revenant en Afrique, pour aider et encourager les jeunes poètes. Ce nouveau prix s’ajoute aux autres déjà existants qui honorent chaque année les auteurs. Le Festival international de la Poésie, c’est aussi une opportunité pour les poètes de séjourner gratuitement, peu importe la saison, à la Maison de la poésie. Un poète Belge y vient d’ailleurs chaque année pour s’inspirer et écrire des vers. 

L’affiche officielle pour cette 34e édition honore le sculpteur Pierre Landry. Décédé en mai dernier, on lui doit entres autres la célèbre sculpture cubique ‘’Le Couple’’, érigée devant l’UQTR depuis 1978. L’affiche est toujours agrémentée d’un vers rédigé par un poète émérite. En 2018, c’est Alfred Desrochers, le père de Clémence, qui a été choisi. Comme le veut la tradition, des poèmes de ce dernier seront en lecture libre, dans le parc face au Musée des Ursulines.



Comme toujours, les repas poésie, la Grande soirée de poésie Québecor, les lectures dans les lieux publics et beaucoup d’autres activités seront au menu cette année. Plusieurs poètes visiteront aussi le bureau d’information touristique. Le 4 octobre, de 14 h à 15 h, le suisse Alain Rochat et la québécoise Nora Attala seront présents. Le lendemain, à la même heure, ce sera les poèmes de la belge Françoise Lison-Leroy et de la québécoise Sylvie Poisson que vous pourrez entendre. 

Dans un monde où l’instantanéité est glorifiée, où la profondeur est remplacée par la superficialité, où les bidules sont objets de culte et où la langue est souvent massacrée, voilà un moment dans l’année où la recherche des mots justes, la profondeur et l’intensité sont célébrées!

Du 28 septembre au 7 octobre prochain, vous êtes invités à rencontrer plus de 80 poètes via les mots de leur cœur.

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